Nuit enjôleuse

 

Ô nuit

En coraux des âges

Racine les sables encoquillés

Que la touffeur d’été arrache

Au visage frêle du vent,

Démon des désirs intrigants.

 

Ô nuit

Bulle éthérée aux limons des squelettes

Arrête la nostalgie aux lèvres des marées,

Eloigne le soc des glacis masqués.

 

Ô nuit

Sel de souffrances, fruits des mystères,

Goûte à la frange des suaires,

Aux regards furieux des bigornes,

Aux anneaux de l’adversité.

 

Ô nuit

Nageuse frelatée et obscure,

Des profondeurs de l’imposture

Vole au parfum des enfers

Les ambitions des morts-vivants

Que l’ombre des peuples de dunes

Cèle de leur croix d’argent.

 

Trop belles sont les nuits étoilées.

  Thérèse-Françoise Crassous-6 mars 2009