#TélévisionA la tombée du jour
S’éclairent dans les cabanes
La télévision

Très loin du village de Gurupá, couvertes d’un toit de feuilles, bâties de planches et de solides pilotis plantés dans le sable, les maisons traditionnelles sont aujourd’hui toujours accompagnées de leur parabole. La télévision ne s’éteint plus, elle reste allumée même si les résidents sont absents. Et la petite bicoque de bois est habitée en permanence d’images et de sons.

Les veillées ont disparu. Chacun se retrouve chez soi devant SA télévision. C’est aussi une raison de plus pour dénigrer la lecture. Ici point de livre, à part les maigres manuels scolaires, et point de journal.

Mais il n’y a pas non plus de "culture orale"... le voyage démystifie. Comment trouver l'électricité nécessaire ? Si aujourd’hui le caoutchouc ne fait plus la fortune des colons de Gurupá, il n’en a pas moins été remplacé. D'énormes exploitants “forestiers” repèrent une parcelle d’Amazonie dans laquelle puiser les essences d’arbres qui se vendront et identifient les habitants qui occupent ces parcelles. Ils leur proposent de ne pas les déplacer, de garder leur village et leur offrent des groupes électrogènes, construisent une piste, qui bien souvent traverse le village en plein milieu, fabriquent des bassins à poissons (l’Amazone ne fournit plus assez de poissons ?) et dédommagent les politiques avec quelques deniers.

retour au sommaire