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Fou-le-bleu(e)

Passants qui passent. Marcheurs qui marchent. Consommateurs qui consomment.

Fou qui danse. Au milieu des badauds, du quotidien et de l’anonymat il danse et crie en silence. Parole gestuelle, singulière à qui veut l’entendre.

 

Un projet né d’une idée, peut-être d’un rêve. Quand ? Difficile à dire. Une rencontre ? Certainement. Un prétexte à la rencontre ? On brûle.

 

Samedi 3 septembre, je participe au marathon photo de Marguerittes (Gard) « Images en marges ». Appareil photo jetable en main, je redécouvre les plaisirs de l’inconnu, de la surprise et de l’utilisation de son environnement en décalant les points de vue.

Le 10 septembre lors de la remise des prix, je découvre les expositions et pour la première fois je vois un cyanotype. Peinture ? Photo ? Comment ?

Internet m’apprend la théorie. Une expo devient possible, une conviction qui prend ancrage au creux du désir. Depuis longtemps je veux shooter dans la rue, briser le rythme invisible de l’anonymat massif, exposer l’expression d’une singularité en détournant l’environnement urbain de son utilisation fonctionnelle. Poésie. Elle subvertit la langue, les codes et les conventions pour faire naître autre chose, un rythme, un univers, une émotion, … Une image peut-elle être subversive ? Peut-elle ne pas être convenue ? Ma démarche ne vise peut-être pas tant l’image, que le désir de désir, un désir de faire coupure dans l’unicité de la rue, de la fou-le en saisissant l’instant d’une danse, langage corporel et visuel, codé, convenu, symbolique mais dont chaque sujet se saisit pour exprimer de manière toujours unique le manque et la vie, le désir et le corps.

 

Clic…clic…clic. Photo d’aujourd’hui en mégapixel et en bit. Aucune nostalgie ou conservatisme, je passe mes journées devant un ordinateur à concevoir des sites web. Je ne regrette pas un monde argentique que je n’ai pas bien connu ; seuls souvenirs enfant de quelques appareils jetables.

Simplement l’envie de me réapproprier mes photos, de la prise de vue au développement. L’envie aussi d’être plus proche de la peinture, de pouvoir travailler sur la matière : pinceau, écriture, feutre, pots, solution liquide… Le cyanotype c’est un peu tout ça. Un artisanat que chacun peut mettre en place chez soi, avec les moyens du bord sans dépenser des mille et des cents. Pour ma part je shoote avec un Nikon D5000, traite avec Aperture, monte avec Photoshop, imprime sur deux A4 transparents que je juxtapose sur un papier aquarelle 200g et écris au marqueur. Le reste ? Du temps, de la patience, de l’inconnu… le tout sur un rythme marathon de 1 mois : du 11 septembre 2011 au 11 octobre 2011.

 

Merci aux IMOË pour avoir permis cette expo et pour leur amitié.

Merci à Julie pour son soutien.

Merci surtout à Chaï et Jow qui ont ouvert le bal du premier shooting, Leïla et Gyslain sur la deuxième session. Merci pour votre humanité (comment le dire autrement ?), pour ces belles rencontres dont tout ce travail n’est que prétexte.

 

Infos : l'exposition devrait durer jusqu'à fin décembre.

Quelques belles photos sur le site d'Olivier : http://www.olivierhirt.fr/