Un poème de Françoise Martin-Faure à propos de la piste d'écriture: sensations à l'aveugle. 

 

Dernier été

lavande3Le lit m’enveloppe de sommeil
Et de rêve
Avant le moment ultime
Où mon corps las
De courir
S’alanguira

Elle est là la fin
Qu’ai-je fait de ma vie ?

Des voix plaintives me hèlent
Depuis le château posé sur sa cour
Ornementée de nuit.
Des comédiens bavardent
Et dansent sur des musiques
Que les étoiles allument
Au gré de leurs envies.

Je m’alanguis de moiteur chaude
Sur ma peau de brume
Et de douceur.

Assise au centre des vieux murs
Qui me protègent
Des bruissement inutiles,
J’entends les guitares
Danser avec grâce
Sur les tapis de pluie noire
Qui enveloppent mon âme.

Elle est là la fin

Au fond du baldaquin
Je sens le soleil de Juillet
Brûler ma peau claire
Et caresser mes yeux
D’eau bleue

Immobile de blancheur
Vibrante de lumière
Je goûte les fruits rouges
Et sucrés de l’été
Brûlant et sec
Ils coulent lentement
Dans ma gorge aride.

Je respire au lointain
Les parfums suaves
Du jasmin, des géraniums
Et des lavandes
Qui embaument le jardin
Piqué de pins, de romarins
Et d’oliviers
Tordus d’élégance argentée

Je danse aux musiques
Latines et mouvantes
Des corps embrasés.

Le souffle léger du vent
Emporte mon battement
de pas imaginaire,
Bruissant les volants
De ma jupe de gitane.

Elle est là
la vie...

Françoise Martin-Faure
Château de Castries
Eté 2012 - Eté 2013

 Illustration: fleur de lavande, tirée du site http://myg9.wordpress.com/