Olivier a longtemps fait partie des ateliers, et il nous reste proche. Voici l'un des textes qu'il a publiés sur son site, je le reproduis ici avec son autorisation. En ce printemps des poètes, j'ai apprécié son tempo poétique... Carole

Le temps

M'arracher autant
Déchirer les portes aux murs
À l'attente du temps

 

 

 

 

"Le temps est un fleuve, disait Borgès, et je suis ce fleuve."

Aucun fleuve ne remonte à sa source alors rien ne sert de savoir nager. Le temps efface les traces que je laisse. Compter, compter... comme disait la publicité. Un oeil vers l'arrière, un oeil droit devant, comme ces bateaux à deux yeux des rivières d’Asie : un sur le poissons, l’autre sur les génies.

Il y a les temp-errés et les a-temp-tifs. Demandez moi ce qu'est le temps que je ne sais plus. Le temps que nous n'avons pas, pas assez et le temps long qui ouvre à l'ennui. Jamais con-temps. Pour ma part j'ai temps-danse à l'attente. Attendre qu'advienne mes prévisions, comme si demain sera toujours là, ou plutôt comme si demain je serais toujours là pour le temps. Que Morphée me rendra chaque matin à Chronos sans ce soucier de Thanatos.

“Ici et maintenant”, cette idée qui sous-tend le zen, la pensée taoiste et une flopée de courants de développement personnel... Mais si j'ai envie d'être plus tard et ailleurs comme dit Yves Cusset dans sa pièce "Rien ne sert d'exister". Étonnement chaque matin d’être là, de renaître à la vie, avec la lumière, remonter dans son embarcation et reprendre le fleuve du temps.

Impossible de dire le temps. Je peux parler de lui et de la pluie. Je file avec lui, je compte avec lui et j'essaie de ne pas trop attendre pour laisser place à la joie. Car au temps indifférent, seule la joie submerge et comme les torrents de printemps, se joue des remous.

Olivier Hirt, photo de l'auteur, Presse de la sucrerie du Gol.

 Pour lire les autres textes, en remontant le temps, rendez-vous à cette adresse: Recueil Nouvelles Rue.  Pour visionner ses photos: http://www.olivierhirt.fr/.