Ce texte a été composé lors de la journée Antigone des Arts en mai 2014. Tandis que Michèle était à son chevalet, j'observais, fascinée, le tableau en train de se faire. Vous le verrez apparaitre terminé, sur la photo qu'elle m'a envoyée quelques semaines plus tard. J'espère qu'auparavant le texte vous aura fait partagé ce que moi, j'ai vu... Carole

D’abord, du bleu. Qui, en haut de la toile blanche, crée la montagne. La montagne, elle, est pour l’instant immaculée. C’est une large épaule, une dune peut-être – que la brosse frange de bleu, altère de gris pâle.

Ne pas demander. Observer la peintre, qui debout devant son chevalet construit, réfléchit. L’observer tremper son pinceau, puis l’enduire de lampées colorées.

Le bleu est devenu vert, végétal, qui se déroule comme les feuilles fines d’un papyrus . Un nuage blanc, une nuée plutôt, légère, perché sur l’épaule de la colline, observe. Une partie du vert devient arbres, une autre, prés.

La peintre s’éloigne de sa toile pour venir saluer de nouveaux arrivants. Je pourrais m’approcher, détailler, supputer... Je préfère attendre que le sujet s’impose de lui-même.

Elle revient, et de la brosse, puis du pinceau, tire les verts, plusieurs dégradés de verts, vers le milieu de la toile. Ils se rejoignent comme en un nombril. Sur ces lignes rayonnantes, naissent des arbres, au feuillage pâle de printemps, aux troncs assombris par le contraste. Une grande prairie du même vert pâle occupe le tiers inférieur, bas-ventre à peine renflé.

Ce sera un paysage d’ici, de ce sud presque florentin, vignes et prés découpés comme des jardins, aux lignes bien marquées comme pour mieux résister aux vents amoureux qui le balaient...

 

michele tableau

Michèle Gibert pour la toile, Carole Menahem-Lilin pour le texte, mai 2014