Piste décriture: la maison

Tu l’as cherchée, je l’ai trouvée.

Cette maison faïencée,

De porcelaine, fière et fêlée.

Où la vie, tracassante, a craquelé nos rêves,

Et forcé nos frontières.

 

Tu l’as cherchée, je l’ai trouvée.

Cette maison de verre, cette maison dorée,

Par où passent la lumière, le vent des sables et la poussière.

Cette maison déserte, intemporelle, folle et familière.

 

Tu l’as cherchée, je l’ai trouvée.

Bulle éclatante, ronde et vallonnée.

Maison fleuve, verte et vaste,

Faite d’eaux vives, de rivières pourpres,

De teintes floues et de contrastes.

 

Un nid pour nous, hirondelles rousselines,

Aux ailes fragiles, aux cœurs si doux, si décousus.

Tu me l’avais promis, je l’ai trouvé.

 

Je l’ai trouvée sous les étoiles,

Cette maison de vacance, verticale.

Cette demeure large, horizontale.

Une maison d’hôtes et de repos,

Où vivre sans questions,

Où vivre sans réponses.

 

Parce que tu as bien cherché, je suis allée vers la plus solide.

Celle qui sait qu’elle est plantée dans le vide.

Pour nous éviter le déséquilibre, j’ai bien réfléchi.

Et c’est dans cette maison « papillon », qui change au gré des saisons,

Que j’ai trouvé où nous ancrer.

Dans les sables mouvants, la force du vent,

Dans l’ocre émerveillé du silence, très loin des apparences.

 

Ce royaume, cette porte ouverte sur le ciel

N’a ni le goût du lait ni celui du miel.

Il n’a rien de la terre imaginée.

Il est chaleur, étonnement.

Il est fluide, infini et incluant.

 

Tu l’as cherchée, je l’ai trouvée.

Cette maison faïencée, de porcelaine, fière et fêlée.

Tout en elle, désormais, s’est unifié.

Tout en elle est devenu simple, sobre et juste.

Nous voici prêts à l’habiter.

Frédérique -23-9-14