Piste d'écriture: en s'inspirant de contes tels que Le Petit Poucet, imaginer des personnages alliés ou antagonistes, et leurs quêtes (conscientes ou inconscientes). Plus les péripéties éloignent les personnages de leur objectif premier, plus la tension narrative s'accroit, et plus ils risquent d'évoluer.

cette séance m'a été inspirée par le livre de Laure Pêcher, Premier roman mode d'emploi, éditions Zoé ( http://www.editionszoe.ch/livre/premier-roman-mode-d-emploi)

Conte et objectifs

 Réfléchir à certains contes, comme Le Petit Poucet, nous aide à comprendre comment créer une tension narrative.

Le Petit Poucet a une quête : la survie. On peut aussi réfléchir en termes de mission : il doit se sauver, sauver ses frères, et en quelque sorte sauver « moralement » ses parents.

La deuxième fois, il échoue : les miettes de pain qu’il laisse sur leur passage sont dévorées par les oiseaux.

Il croit s’assurer d’une sauvegarde pour la nuit : une lumière brille au loin. Lui et ses frères marchent vers elle, une femme leur ouvre. Hélas, c’est l’épouse de l’ogre. Cette fois-ci, avoir déniché un toit et de quoi manger ne suffit pas à la survie, se cacher non plus : ils sont découverts par l’ogre, et seront tôt ou tard mangés.

On peut se dire que Poucet a échoué sur toute la ligne. Mais…

Mais, quand on connait la fin du conte (il devient riche grâce aux bottes de 7 lieues qu’il a dérobées à l’ogre, il s’établit et établit ses frères, sortant ainsi de la logique de précarité), on comprend que c’est cet échec surmonté qui l’a conduit à la réussite, et au changement.

D’une manière générale, il ne suffit pas pour créer de la tension narrative de multiplier les obstacles et péripéties. Il faut que ceux-ci éloignent le personnage de sa quête initiale, sans pour autant la lui faire oublier : ainsi, plus le conte éloigne le moment où le Petit Poucet rentrera chez ses parents sain et sauf, plus le lecteur est tenu en haleine.

 

Il faut également que vous créiez un antagonisme : il n’y a pas forcément un « méchant » opposé à un « bon », mais au moins concurrence ou rivalité.

Enfin, il est souhaitable  que certains des protagonistes, et surtout le héros, évoluent. Cette évolution fait que souvent, la quête de départ change de sens, ou au moins de modalité. Ici, Poucet a compris que rentrer chez ses parents sans un trésor, ou de quoi gagner correctement sa vie, n’arrangera rien : ses parents ne changeront pas, la logique de précarité est aussi meurtrière que les pulsions de l’ogre.