Inspiré par le poème Chimay, in L'indiscipline de l'eau, de Jacques Darras.

 

alfalfa-sem

Sur terre, éclaboussé d'eau, chair happée par la lumière, arrachée du tréfonds de son ventre,

devenue matière, matière à traverser.

 

Le combat est inégal, un long cri assourdit l'atmosphère.

L'enfant sorti des eaux, à l'air fait écho;

Ils applaudissent et pleurent.

 

Des pas des pas des chutes des cris la peur et des bras enveloppants

sur la route enroulée, le parcours se dérobe......

Premier exil; marcher seul.

                                               …...........................

 

Tu es ma fenêtre mon oubli ma profusion

et puis si tard....

 D'un grand écart repoussée, sans toi, je suis le plus fort.

 Deuxième exil: se déprendre, ne compter que sur soi

 

                                              ........................................

 

 Rideaux de pluie, le brin d'herbe s'alourdit, les oiseaux campent sur des tiges d'alfafa.

 

Ils sont à la frontière, toi parmi les autres. Traits tendus, capes fripées. Le douanier sort de la boîte, il machouille un chewing-gum menthe, un chien égaré fuit, « vos papiers » lâche t'il d'un ton tonitruant, il crâche à regret le chewing-gum frais.

 

La barrière tombée, assis contre un sapin, un ciel étincelant t'accompagne. Sourires soudain.

 

Maudits bleus de l'âme, vies à tresser, ton corps est ma racine préférée.

 

La plupart des frontières te rappellent à tes illusions

 

Un pays pas sage, déclic de la révolte.

 

            Unique, je suis des milliers, plongeon d'humanité.

 

Cours ralentis, le choc de l'autre pays qui t'attend; ils ne pensent pas, les animaux.

 

Si grande je t'ai perdue, trop occupé à m'éblouir;

ton territoire est vaste, tout petit désormais je me confonds à la brume.

 

Un cri le dernier cri ou plutôt le soupir s'étire en pont, la  frontière expire tôt surprise.

 

Amère la sortie. Empoignés, vous êtes envoyés en rétention, toi parmi les autres. Pour vous le territoire promis se réduit à un camp.

Quant à votre terre chérie, elle reste encastrée entre deux photographies.

 

 

Chantal j