Poème en écho. Les deux vers du début sont d’Ismaël Savadogo : Comme si on me suit, poème inédit offert au Printemps des poètes, www.printempsdespoetes.com

 

2015-03-23 22

Ainsi on écrit un poème

d’une certaine façon en ne l’écrivant pas

 

Il s’inscrit sur notre peau même

à l’orée du cœur il s’inscrit.

Le poème est le bois de la peur

l’épiderme de la connaissance.

 

Par où apprends-tu, toi,

par les yeux, par l'oreille,  par la main ?

Moi, les leçons essentielles

me furent chuchotées par la peau, par l’étreinte.

 

Parent portant l’enfant

fiancée s’inscrivant dans le fiancé.

 

Ce nid que nous portons dans notre poitrine

ce battement, ce rythme insu, est le poème.

 

Par où apprends-tu, toi ?

Par la parole et la répétition ?

Moi, pour l’essentiel

par le silence et la surprise.

 

Enfant sauvage qu’à notre tour nous libérons

en le dévorant des yeux…

 

La parole est là, à jamais entendue

la promesse

malgré elle, malgré tout.

 

Nid de vide, d’erreurs, dans ma poitrine,

entrelacs de brindilles, de tiédeur,

ouvrant sur la toile du monde.

 

Par où apprends-tu, toi ?

 

Jusqu'à la marche, est un déséquilibre appris.

 

Le poème me traverse

le poème est mon ardeur.