feuillage paul

Paul Barry participe aux ateliers du samedi. Il publie poèmes et nouvelles (par épisodes) sur WeLoveWords, sous la signature de Al Prubay. http://welovewords.com/alprubray

Le poème se poursuit...

...Nougat des tendres années !

Comme sont tendres les jeunes pousses

Des arbres blancs des bords du lac

Dans ce Vichy de mes vacances

Où tout est blanc ou tout est bleu

Comme l'eau au fond de tes yeux.

 

Mais l'amour fou méconnaissable,

Tant qu'il est là reste ignoré.

Seul quand se brise dans le vide,

Comme un cockpit dépressurisé,

Ce cœur d'enfant jusqu'alors inconnu

Se déchire comme un voile devant ses yeux

 Et son eau coule sur ses joues

 

Des parents il faut tout aimer mon enfant

Celui qui frappe et qui te bat

Celui qui crache celui qui prie

Celui qui te donne du nougat

Celui qui rit avec toi

Et qui vient t'embrasser le soir dans ton lit

Celui dont tu lis les moments de folie dans le regard

Qui te protège et te mets à bas

Qui disloque et te descend

Et te laisse pantelant

Comme un boxeur désarticulé

 

La nuit tu rêves de corridas brutales

D'un Dieu vengeur qui tue la bête

Noire dont le sang tache la cape

Sombre des toreros

 

Le jour tu rêves du paradis

Pour accueillir celui qui part

 Qui s'est jeté dans le vide

Sans plus d'espoir

Cet étranger qui te faisait vivre et mourir à la fois

Il a quitté ce monde

Etranger comme un voyageur

Qu'il a été.

Mais au jour de Pâques

L'énigme du tombeau vide

Laisse la place pour l'espoir

 

Et ce Nono ressuscita

Resta marqué par le stigmate,

Sur sa poitrine, du sabot du taureau.