Jouer avec les sons et les expressions, à la manière de Claude Nougaro... 

C’est à Belleville, avant minuit pile,

avant la fermeture du Sublime, un bar tabac rempli de types hétéroclites,

tenu par Julot l’anguille.

Le grand Alban, cubique, se bile,

y entre colérique,

jette un regard oblique sur un poivrot qui lui doit deux briques.

 

C’est un nabot, au ras du goulot, qui avait fait mauvaise fortune au bandit manchot.

Le grand, taulard en conditionnelle, fait un tabac de tous les diables dans le bar.

Fier comme Artaban, à pas de géant,

il avance en beuglant, écartant de ses bras les clients au milieu de leur dégustation.

 

Dans le feu de l’action, la bagarre éclate.

Une gauche vicieuse de Julot

s’abat sur le museau du grand, et le met KO !

Le grand Alban, détrôné de son piédestal, finit en tapis de sol…

 

Une souris, excentrique, termine le job à grands coups de talon aiguille,

s’acharnant presque sadiquement sur la caboche d’Alban.

Ça crie, ça vire au vinaigre,

bar2

le bar se vide comme une avarie à bord d’un navire.

Le grand est amoché dans le caniveau,

dommage !

il en était sorti… Il ne rentrera pas, ni du caniv’, ni d’ailleurs.

 

Car :

 

Deux mastodontes et le nabot, bourrus mi-bourrés, ont fourgué le grand tapis de sol dans le coffre d’une DS noire.

En pleine nuit, la berline roule à tombeau, où ? ouvert vers la Seine…

 

Au petit matin, le balayeur rendra le caniveau plus propre,

et le Sublime réouvrera ses portes.