Piste 2

Même proposition, mais à partir d’un autre extrait. Il s’agit du même personnage, mais sa situation n’est plus la même. Observez comme la musique reste au centre de son interprétation du monde. Cependant, nous apprenons d’autres choses à son propos…

Nous sommes en 1931. Ce jeune compositeur écrit à un ami. Il relate un rêve dans lequel il compose une surprenante musique, en faisant tomber différents objets qui étouffaient dans un magasin d’antiquités surchargé :

« Mon poignet a heurté un vase Ming qui est tombé de son piédestal – mi bémol, toute la section des cordes jouait, glorieuse, instant transcendant, les anges pleuraient. Délibérément cette fois, ai fracassé la miniature d’un bœuf sur la ronde qui a suivi, puis une laitière, puis une Bécassine – une débauche d’éclats a envahi l’air, et de divines harmonies ont résonné dans mon crâne. Ah, quelle musique ! Ai entrevu mon père qui, d’une plume véloce, estimait à combien se montaient les dégâts ; qu’importe : me devais de laisser s’exprimer la mélodie. Etais persuadé que je deviendrais le plus grand compositeur du siècle si je réussissais à me l’approprier. »

Quand il se réveille enfin, ses créanciers sont en train de tambouriner à sa porte, et : « N’ai pas eu d’autre choix que de m’extraire habilement par la fenêtre de la salle de bains avant que le brouhaha n’alarme le directeur, qui découvrirait que le jeune monsieur de la chambre 237 n’était pas en mesure de s’acquitter d’une somme désormais bien rondelette. Une échappée laide, peiné-je à confier. »

Là encore, si vous décidez de poursuivre cette aventure, vous pouvez modifier certains éléments, et ignorer le 2e paragraphe si vous le souhaitez.

Ou bien, créez votre personnage, et faites-lui relater son rêve, et ce qui s’ensuit.

 

Extraits de : Cartographie des nuages, de David Mitchell, traduit par Manuel Berri; éd. de l’Olivier, 2007