Piste d'écriture: odeurs, sensations, sentiments

Confinement ! sur ma table, le désordre habituel, les mots codés du jour, de l’eau fraiche, trois livres en attente, que je rerelis, une pile de feuilles blanches, un sirop pour la toux, des photos dispersées, mouchoirs en papier, un masque…

(Je regarde, désespérée, près de la fenêtre, les fleurs somptueuses, sans vie, sans odeur de mes orchidées blanches, paradant devant moi… )

Je me souviens….    

La maison était petite, ordinaire, mais suffisante pour nous durant cet autre confinement, il y a si longtemps. Une courte descente en graviers menait au jardin derrière, là s’épanouissaient légumes et fruits, et avant d’y pénétrer une haie de rosiers qui embaumaient… Papa aimait jardiner, nous apprenait : le choux où mon jeune frère cherchait des bébés, planter divers légumes dont nous guettions la sortie, et des arbres fruitiers qu’il dorlotait. Surtout les pommiers, en espaliers, ou en arbres, il leur avait réservé une chambre dans la maison, « la chambre des pommes ». Dès la montée de l’escalier, l’automne arrivé, l’odeur nous prenait et ne nous quittait pas : elles étaient rangées par catégories et on s’emplissait les poumons de cette odeur sucrée, fleurie, de la rénette rouge, ridée, puis de celle de la « canada » grise et secrète, odeur de terre, de mousse.

(Pourquoi avoir créé ici une fleur aussi triste, sans parfum ? )

fleur dorangerJe me souviens, c’était en fin d’été, je trainais dans une jardinerie, envie d’un mimosa pour colorer l’hiver, j’en suis sortie avec un oranger, amer, mais plein de boutons, plein ! …. La fleur de l’oranger : un rien d’Orient, parfum profond, en fermant les yeux je voyageais, marchés aux épices, la cannelle, un soupçon de muscade ? Puis le fruit est arrivé, vert d’abord, puis jaune et enfin orangé ; amer à l’intérieur, l’écorce pleine de parfums… les conserver dans le sucre ou l’alcool ! Ainsi je garderais parfum et gout !  

(L’orchidée, s’en fiche ! Revanche : elle fane rarement…)