Piste d'écriture: nous nous sommes inspirés de Le chien noir, un conte gothique, de Lucie Baratte, Editions du Thyphon, 2020. L'auteure commence chacun de ses chapitres par "Il était une fois".

 Il était une fois, une fois troublante...

amilcar

Il était une fois, une fois troublante, un riche marchand qui avait épousé une femme d’une grande beauté ; elle lui avait donné deux filles : l’une belle et glaciale, l’autre gaie comme le jour, mais portant sur la joue gauche une tache large comme la paume, noire comme la nuit. 

Il était une fois un beau chien qui dormait dans les bras d’une jeune fille à la joue tachée…

Il était une fois un château de vieilles pierres, où vivait un homme encore jeune, mélancolique et solitaire. Il possédait, dormant dans son garage, une vieille Amilcar qui souffrait de ne pas sortir…

Il fut une fois, un printemps, où l’on vit, sur les routes, dans les concours du « quatrième âge des vieilles roues » un homme jeune conduisant une vieille dame jusqu’au podium !!

Il était une fois un riche marchand qui rencontra le vainqueur et organisa des fêtes somptueuses, où l’on dansait jusqu’à l’aube…

Il fut une fois un jeune homme qui rencontra une belle et glaciale jeune fille, sa beauté le surprit.

Il était une fois un beau chien qui alla s’endormir sur les coussins d’une Amilcar !

Il était une fois une jeune fille à la joue tachée qui le découvrit et ne put réprimer un rire, qui comme un cristal dans l’air rencontra l’écho, et l’alentour, et étonna tellement l’homme jeune qui approchait que celui-ci se mit à rire à son tour...

Il était une fois un homme qui découvrait le rire, la joie, la gaieté et des yeux pétillants comme vin de champagne !!!

Il fut un jour où un homme accompagna à l’autel une jeune fille à la joue tachée.

Il était mille fois deux êtres amoureux, oubliant leur apparence, éblouis par la beauté de leurs sentiments ; ils vivaient heureux.

Il fut des fois où la jeune femme doutait de cet amour, comparant sans cesse son visage à celui de sa sœur, si belle…

Il était une fois une jeune femme qui appela de grands experts pour retirer cette maudite tache !

Il était une fois une tache noire, qui s’agrippait au profond d’un corps, qui avait planté ses racines loin, très loin, constitué une dépendance, une vie parallèle, accrochée, monstre muet, à tout ce qui fait vivre…

Il était une fois, une jeune femme qui ne s’en releva pas….

Il fut mille fois, un homme effondré arpentant la campagne, hurlant un nom disparu…

Il était une fois en hiver, un pauvre hère, ressemblant à l’idée que l’on se fait d’un être au bout de ses limites, couvert de neige, attendant sur la tombe aimée, d'être réuni à l'être qui l'habitait, sous des monceaux de silence compact…