méditation

Piste d'écriture: une pratique qui transforme.

Agir, c’est apprendre à avancer, dans la sérénité,

Avancer, c’est aller de l’avant. C’est se mettre vivement en route, sans regarder derrière soi. C’est franchir les obstacles qui entravent parfois son chemin.

Agir, c’est autoriser tout son corps à faire feu des quatre pieds.

La collaboration avec un cerveau conciliant permet des merveilles : chaque membre faisant son job.  Ainsi se déclinent avec une parfaite harmonie :  « action et réaction »

Clothilde avait intégré très tôt ce mode de fonctionnement mais des défaillances réelles avaient toujours opposé une résistance farouche à tout ce qu’elle rêvait d’entreprendre. . .

C’était ainsi depuis sa plus tendre enfance. Elle ne s’était rendue compte qu’assez tard du handicap dont elle était, indéniablement, porteuse. Quel handicap ? Eh bien, Comme on faisait tout à sa place ou presque, le silence était de mise, l’abandon de désirs, si maigres soient-ils, régnait en maître. Clothilde se lovait, avec délicatesse, dans un cocon bien douillet, à l’abri des regards, voire des interrogations lointaines de son entourage. De fait, elle se sentait assez bien dans la peau d’une fillette super protégée par des parents super défenseurs des aléas d’une vie coiffée de tuiles. L’adolescente qu’elle devint se heurta à l’intransigeance, fièrement dessinée, de la famille dominatrice. Cette dernière ne laissait pas de place à une éventuelle rébellion de sa progéniture quand celle-ci laissait percer ses soupirs réprobateurs. Ne Jamais faire de vagues.

Clothilde recherchait alors davantage de solitude cachant son moi profond dans les fins fonds de ses pensées. Lesquelles se trouvaient bridées par une digue émotionnelle devenue infranchissable.

A   vingt ans, elle dut se rendre à l’évidence. Son départ dans la vie, en même temps que celui de la maison natale n’allait pas concourir, tout de suite, à son salut. Elle se sentit larguée dans un monde inconnu, pas forcément hostile mais dont elle ne comprenait pas les enjeux. Sa réponse fut une inadaptation immédiate, une fuite vers une déprime évolutive. Dame Médecine n’avait plus qu’à sortir son arsenal de médicaments miracles. Il fallait tout tenter contre ce stress envahissant à l’origine des humeurs caverneuses. Comment se battre contre un tel fléau ? Toute décision à prendre plongeait Clothilde dans une paralysie insupportable. Elle revêtait, alors, le costume enfantin de la fuite, bloquant presqu’à son insu ses faits et gestes, tant elle redoutait le jugement des autres.

« Tu devrais faire du théâtre » lui serinait une de ses collègues de travail. Pourquoi pas ? Elle accepta de se mettre dans la peau d’un nouveau personnage, histoire d’oublier la sienne. Cela, dans un premier temps, lui donna quelques satisfactions. Elle apprenait son rôle avec toute l’énergie dont elle se sentait affublée. Les répétitions lui apportaient le piment de l’espoir. Donner la réplique à ses pairs lui permettait de forcer sa voix, de dérouler des phrases longues, chargées d’une nouvelle empreinte émotionnelle, de virevolter avec un minimum d’aisance sur une scène. C’était bien une première. Tout contribuait à faire disparaître le côté gauche de sa silhouette effacée.

A ce moment, Clothilde prit conscience d’une renaissance. Une confiance encourageante jaillissait en elle, confiance en des lendemains plus prometteurs. Elle n’était plus celle qu’elle avait été. Elle s’affirmait, elle justifiait des choix qui se bousculaient, elle argumentait. Elle apprenait à dire oui, mais ou tout simplement, non. En parallèle, son travail prit une nouvelle dimension. Son métier devenait porteur. Elle comprit qu’elle avait un autre rôle à jouer, bien plus important que celui qui lui était dévolu sur sa scène de théâtre. Elle avait le devoir de conduire à un mieux-être ces petites personnalités dont elle avait la charge et qui, pour la plupart, ressemblaient à l’enfant qu’elle avait été.

Extraordinaire mission que d’éveiller, en toute sérénité, un esprit critique, que d’apprendre à l’autre à se sentir bien dans sa peau, à se détendre en permettant une évasion essentielle, lors des moments d’ennui, de fatigue ou de refus. Elle se lança, à fond, dans la relaxation, faisant méditer, chaque petite tête, en activant son imaginaire. Elle se rendit compte à quel point chacune d’entre elles se laissait envahir par ces moments énergisants. Avant de les proposer, Clothilde expérimentait sur elle ces instants de pause ressourçante. A la fin de chaque séance, chacun laissait libre cours à ses réflexions. Clothilde ressentait ce flux d’ondes positives chez elle aussi. La parole était déliée. Elle n’avait plus peur, à l’instar de son entourage, à l’écoute et heureux d’être là.

Ce qu’elle voulait, c’est que chacun retrouve la paix et l’envie d’agir, sans contraintes, sans angoisse.

Agir, c’est apprendre à avancer, dans la sérénité.