Hélène arrivait d’un autre monde. Elle rentrait chez elle avec sa valise et son nouveau ciré rouge, chapeau de pluie assorti, elle était différente et voyante. Elle aimait porter ce ciré, le bruit empesé que faisait le tissu quand elle s’asseyait, son odeur un peu âpre et chimique, son rouge lumineux. Il la protégeait de la pluie quand elle vivait à Neuilly chez son oncle, du mistral lorsqu’elle revenait vivre à Aix-en-Provence chez son père. C’était la fin de l’été 1970, elle faisait ces allers et retours depuis plus de huit ans maintenant, le luxe à Neuilly, la simplicité à Aix, et elle vivait cette situation sans poser de questions. Elle s’adaptait. C’était une enfant de onze ans.

Début de Véronique Olmi, Les évasions particulières, éd. Albin Michel, 2020

Ce début nous présente Hélène à travers ses sensations, et un objet fétiche, le ciré rouge. On la sent présente, on pourrait endosser nous aussi ce ciré rouge.

Très vite cependant, les questions arrivent: 

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pourquoi vit-elle alternativement à Paris et à Aix, chez son oncle et chez son père ? Pourquoi l’oncle est-il nommé à premier ?

Elle, à 11 ans, ne se pose pas de questions. Mais nous, oui.

Pistes d’écriture :

-        Poursuivre avec Hélène

-        Créer un autre personnage au centre d’une constellation, nous le présenter à travers un objet particulier