Dans La Révolution des fourmis, le romancier Bernard Werber observe les hommes :

« Les Doigts (hommes) sont des animaux grégaires. Ils supportent difficilement de vivre seuls. Dès qu’ils le peuvent, ils se regroupent en troupeaux. L’un des endroits où leur rassemblement est des plus spectaculaires s’appelle « métro ».

Là-dedans, ils sont capables de supporter ce qu’aucun insecte au monde ne supporteraient : ils se serrent les uns contre les autres, s’écrasent et se compressent jusqu’à ne plus pouvoir bouger tant la foule est dense autour d’eux.

Le phénomène du métro pose problème : le Doigt dispose-t-il d’une intelligence individuelle ou est-il mû par des injonctions auditives ou visuelles qui l’obligent à ce genre de comportement grégaire ? »

Bernard Werber, La Révolution des fourmis, 1996 (3e volume de trilogie Les Fourmis, il relate le début de la coopération entre monde des fourmis et monde des humains).

 L’étrangement : décrire comme si on arrivait d’un autre monde

L’étrangement, pratiqué par des auteurs comme Montesquieu, n’est pas un simple jeu littéraire, c’est un moyen d’extraire un sujet de sa gangue d’associations habituelles pour le montrer sous un autre angle.

Tenir le rôle du Persan de Montesquieu et rendre insolites les choses familières en les présentant sous un autre code, empêche l’habitude et l’automatisme d’émousser notre sensibilité.