03 novembre 2017

L'emporte, par Carole Menahem-Lilin

Piste: le seuil, et une photo de Ralph Gibson Il y eut un avant. Il y aura un après. Mais, maintenant ? Au fond du corridor, il y avait une porte. Cet été-là, je passai chaque jour de longues minutes à en guetter l’ouverture. Je savais que l’appartement qu’elle desservait était habité, car depuis l’étage du dessous, j’entendais des pas en parcourir le plancher. Ils étaient tantôt rapides et secs, tantôt lents et doux. Légers, toujours. Et puis, vers vingt-deux heures, toujours dans le même angle, se répétaient des bruits... [Lire la suite]
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30 mars 2017

Ainsi on écrit un poème... par Carole Menahem-Lilin

Poème en écho. Les deux vers du début sont d’Ismaël Savadogo : Comme si on me suit, poème inédit offert au Printemps des poètes, www.printempsdespoetes.com   Ainsi on écrit un poème d’une certaine façon en ne l’écrivant pas   Il s’inscrit sur notre peau même à l’orée du cœur il s’inscrit. Le poème est le bois de la peur l’épiderme de la connaissance.   Par où apprends-tu, toi, par les yeux, par l'oreille,  par la main ? Moi, les leçons essentielles me furent chuchotées par la peau, par... [Lire la suite]
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23 février 2017

Scansio, poèmes de Carole sur des encres de Marie-Lydie Joffre

Marie-Lydie m'a fait l'amitié de publier mes poèmes sur son site: http://www.marielydiejoffre.com/blog/fr/ Voici le premier, 5 autres suivent. Scansio Carole Menahem-Lilin Poèmes inspirés par les Platanes de décembre de Marie-Lydie Joffre   En-rein-cinés dans ce monstre immobile qu’est le sol, hissé de racines tressage de ciel,   Platanes, nom masculin marbrures féminines.     Frôler, provoquer, désirer, flatter du bout des racines, du coin du creux, de la pulpe des sèves,   Puis se... [Lire la suite]
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20 janvier 2017

Folie frontière, par Carole Menahem-Lilin

A partir d'un poème de Jacques Darras, Chimay, in L'Indiscipline de l'eau (Ed. Gallimard NRF, 2016). Je suis partie des deux premiers vers.     Qu’est-ce qui nous fait tellement aimer une frontière ? Pourquoi ce tremblement au moment de la traverser ? Pourquoi cette lassitude à ne la traverser pas ? Lorsque toutes les frontières s’éloignent, sont derrière soi, Dans la frontalité du temps d’avant… ? Franchissements aimés, érotiques, Affranchissement du temps banal, Lorsqu’esclaves évadés de... [Lire la suite]
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03 octobre 2016

Nos séparations, par Carole Menahem-Lilin

  Nos séparations Si difficiles Ne sont Au bout du bout A la fin du fin Qu’un secret sans importance   Le premier jardin demeure La virevolte L’éclat de la rencontre   Qui nous fit souverains et déçus Quasi par Un même mouvement   La promesse de perfection ne fut pas tenue, mais Laquelle le fut jamais ? L’imperfection a pris au cœur, l’éclat A lancé en nous ses racines   Mais l’avenir s’impatiente, Impose sa cadence.   On se sépare comme un oignon pèle On est à la fois le... [Lire la suite]
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30 septembre 2016

On ne s'endort jamais seul, par Carole Menahem-Lilin

  On ne s’endort jamais seul, Ont glissé dans les failles du sommeil Quelqu’un avec qui courir L’ange de la tombe d’à côté Tous les visages qu’on a empruntés.   Le sommeil nous vibre Nos paupières battent Les ailes luttent, pour redevenir Nageoires, épaules, archets et hâte Cocons dansés Pensées–   Le présent redevient cette cerise Dans laquelle à jamais nous croquons   La perte ne souffre plus D’être manque au lieu de porte Quand nous la regardons A travers le miroir onirique   On ne... [Lire la suite]
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29 septembre 2016

Echappées cerises

Ce texte m'a été inspiré par Un chemin de tables, de Maylis de Kerangal (éd. Seuil, coll. Raconter la vie). Où: comment parler du quotidien, des goûts et des textures. Toujours à penser, prévoir, préparer. Affairée comme un oiseau en recherche de brindilles pour renforcer le nid. Ce sont des nids durables, ou brefs. Etudiante, elle ne dormait quasiment plus quand elle devait rendre un devoir, moins par angoisse qu’excitation. Le dossier devenait kaléidoscope, l’examen faisait effet de loupe. C’était toute sa vie, toute une... [Lire la suite]
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04 mai 2016

Une divette à Sarcelles! par Carole Menahem-Lilin

Piste d'écriture: s'inspirer d'un à 3  titres de pièces de théâtre, ici:  « Mon oncle le bossu" et "Une diva à Sarcelles". Mon oncle le bossu : Il y en a qui ont des oncles d’Amérique, le mien est bossu à Sarcelles. Pas de chances me direz-vous, il aurait pu faire bossu à Cannes ou Arcachon, un endroit où au moins il y a du soleil, et des garçons bronzés. Alors que là quand on m’envoie chez lui, ça ne me change pas beaucoup de chez moi, à Asnières, sauf que c’est moins bien fréquenté, parait-il. 52,7% du... [Lire la suite]
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14 avril 2016

La rose est bleue comme horizon, par Carole Menahem-Lilin

Piste d'écriture: créer des personnages à partir d'une caractéristique (ici, leurs noms), en associant autour selon la technique de la carte mentale, ou heuristique. Puis raconter leur histoire...     Quand elle était gamine, Télémaque était persuadée que les choses et leur nom avait un rapport immédiat et nécessaire. Une rose par exemple s’appelait rose parce que le R grondait comme une épine, et que la fleur avant qu’elle ne soit trop ouverte avait une gueule chiffonnée de petit chat. C’est charmant un petit... [Lire la suite]
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18 février 2016

Il alla voir ses plantes... par Carole Menahem-Lilin

Alterner focalisation externe et interne, à la troisième personne. C’était un jour de fin janvier ; il alla voir ses plantes. Posées les unes à côté des autres dans la serre, sur des étagères d’acier gris, elles figuraient une forêt dépouillée. Il eut fugitivement l’impression de monter entre les pots, comme entre les lacets d’un chemin encavé. Il aurait plu, la terre se serait légèrement éboulée, la brume monterait, rousse, limitant la visibilité, mais le plongeant dans de riches odeurs de terreau et de ciel. Il déplorait... [Lire la suite]
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