25 décembre 2017

La dinde à l'olive, par Jean-Claude Boyrie

FRANCÈSE 20 (épisode parodique): La dinde à l'olive.    Quelque temps après qu'il m'eût remis son précieux mémoire, il advint que François de Martres fut veuf à son tour. Après la disparition de sa chère épouse, victime d'une longue et cruelle maladie, il vécut quelques six mois dans une semi-retraite, observant un délai convenable de viduité. Ensuite, il renoua progressivement avec ses anciennes habitudes, recevant au château seigneurial de Loupian ses ami(e)s et connaissances. En dépit des malheurs de... [Lire la suite]
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20 décembre 2017

Mécanismes d'aurores pour horloge crépusculaire, par Jean-Claude Boyrie.

FRANCÈSE 15 « Mécanisme d'aurores pour horloge crépusculaire »  Moyenne  "Le pessimisme est une affection qui altère le regard, empêche d'aimer le soleil de l'aube et la beauté qu'il confère à la terre meurtrie. » Nina Hambursin, commissaire de l'exposition AL , Montpellier, Carré Sainte Anne, nov. 2017.  Il est six heures : Leucate s'éveille. La lumière du jour s'infiltre dans la pièce à travers mes volets à claire-voies. Je m'étire, le regard perdu dans le néant. Je me lève et cherche encore... [Lire la suite]
10 décembre 2017

Ô Marie, si tu savais...

FRANCÈSE 12   « Ô Marie, si tu savais... »       « Après qu'il eust pris congé de sa souveraine, il vint tout dolenz se perdre en ugne forest grande & obscure, à l'ymage du chaos où se treuvoit plongé son esprit. Là, il se mit à fayre de grans soupirs & arrachant ung morceau d'écorce à ung arbre quy estoit en sève, il y écrivit ugne prophétie en latin : six vers prédisant à sa dame ung funeste destin. » (Brantôme)  Si l'on me demandait de dire en trois mots ce que fut ma vie à... [Lire la suite]
09 novembre 2017

Au-delà du seuil, par Jean-Claude Boyrie

FRANCÈSE  0  Au-delà du seuil.   Comme eût dit le regretté Monsieur de La Palisse, un quart d'heure après mon trépas, je n'étais plus en vie. Et pourtant, la vie, oui… je l'ai trop aimée, avant de rejoindre le séjour des ombres, pour ne pas redouter l'instant de la quitter. Bien à tort, d'ailleurs : franchir le seuil n'est point si malaisé. La mort… la représentation qu'on s'en fait est trompeuse. Elle n'épouvante que ceux qui s'en approchent. Il faut être passé de l'autre côté pour comprendre que ce n'est... [Lire la suite]
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26 octobre 2017

Qui tient la clé.... par Jean-Claude Boyrie

FRANCÈSE 3   « Le duc de Montmorency estoit à Pézenas, lorsqu'il reçut la nouvelle de la blessure du roy et, incontinent, de sa mort ; ce qui le fit partir pour aller dans son armée devant Narbonne où il reçut un gentilhomme de la part du roy Henri IV pour l'assurer de son amitié et l'exhorter à estre ferme et constant à son service, avec promesse de le recognoistre par ses bienfaits. Après cela, le duc de Montmorency pressa plus que jamais la ville de Narbonne. Outre le degast qu'il fit jusqu'aux portes, il ôta la... [Lire la suite]
25 octobre 2017

"Solesa", Solitude, par Jean-Claude Boyrie

FRANCESE 2    « Seulete sui et seulette vueil estre Seulete m'a mon douz ami laissiée Seulete sui, sanz compaignon ne maistre Seulete sui, dolente et courroucée. » Christine de Pisan (1364 - 1431)  Après que mes visiteurs aient pris congé de moi, le silence du fort m'est devenu bien lourd. Je me terre en mon cabinet de travail, seule, pensive, et comme prostrée. Combien de temps demeuré-je en cet état ? Longtemps, m'ont dit mes proches, qui n'ont osé me déranger. Commence alors pour moi la grande... [Lire la suite]

11 octobre 2017

L'otage, le pain dur, le chantage odieux, par Jean-Claude Boyrie

 FRANCÈSDE 1   L'otage, le pain dur, le chantage odieux.   Château de Leucate, an de grâce MDLXXXIX, ce dixième d'août,   Cet affreux siège s'éternise et nul n'en voit pour l'instant l'issue. Un mois, cela fait presque un mois que mon mari se trouve aux mains de l'ennemi. Les Castillans expriment par un joli mot : « distancia », le sentiment qu'occasionne en nous l'éloignement d'un être cher. Contre la vie de Jean-Antoine du Bourcier, la Ligue demande que je lui remette les clés de la ville :... [Lire la suite]
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12 juin 2017

Populus &Priscilla, par Jean-Claude Boyrie

    Populus  & Priscilla. « Le peuplier blanc (populus alba) pousse le long des cours d'eau. C'est une espèce qui drageonne très facilement…  Son feuillage vert sombre, blanc et duveteux dessous, s'agite à la moindre brise...Son tronc blanc est recouvert de lenticelles en losange… qui peuvent parfois se souder pour former de surprenantes bouches ».  Cédric  Pollet, « Écorces », éd. Eugène Ulmer, 1988. « Apprenez qu'entre l'arbre et le doigt, il ne faut point mettre... [Lire la suite]
07 juin 2017

Pour un pépin de grenade, par Jean-Claude Boyrie.

Pour un pépin de grenade….   « Mes graines ressemblent à ses dents, mon fruit à son sein »Papyrus égyptien   C'est la fin du printemps. Sur le vieux mur, les grenadiers ont refleuri. Ma vie désormais s'écoule au rythme des saisons. Ces fleurs d'une belle couleur vermeille, une fois le cycle accompli, reviennent me hanter, me rappelant ce jour où Coralie, à deux pas de moi, fut enlevée. Impuissant témoin de ce rapt, je n'ai pu la secourir.  Comment ce funeste évènement s'est-il produit ?  Même... [Lire la suite]
24 mai 2017

Des panneaux & des signes, par Jean-Claude Boyrie

Des panneaux & des signes   « Tu me regardes mais ne me vois pas. Tu m'entends, mais ne m'écoutes pas. Respecte au moins mon silence.... » (poème malgache) Louis Duchemin, surnommé « Loulou Perd-tout » parce qu'il avait la spécialité d'égarer ses affaires, avait entrepris le rangement de ses archives, une obligation pour lui fastidieuse, et qu'il ne cessait de différer. Explorant un classeur non étiqueté, tout couvert de poussière, il tomba par hasard sur un carnet de route, vieux d'un... [Lire la suite]
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